Au lendemain de la conférence de presse animée par le président contesté de la Fédération guinéenne de boxe, Alpha Amadou Baldé, le camp opposé à l’actuel bureau fédéral est également monté au créneau ce mercredi 20 mai 2026 à Conakry. Face aux médias, les responsables et clubs statutaires réunis autour de Boubacar Biro Barry ont livré leur version des faits sur la crise qui secoue actuellement la boxe guinéenne.

Conduit par Boubacar Biro Barry, secrétaire général élu de la Fédération guinéenne de boxe depuis le 20 janvier 2022, ce groupe accuse l’équipe dirigeante actuelle de mauvaise gouvernance et de blocage du processus de normalisation engagé avec les instances internationales de la discipline.

Lors de sa sortie médiatique mardi, le camp d’Alpha Amadou Baldé avait tenté d’expliquer les raisons du retrait de la Guinée de l’IBA (Association Internationale de Boxe), évoquant notamment les tensions entre cette organisation et le Comité International Olympique (CIO). Selon ses responsables, plusieurs fédérations nationales ont été contraintes de se réorganiser afin de préserver leur reconnaissance olympique, dans un contexte marqué par l’émergence de « World Boxing », la nouvelle structure soutenue par le CIO.

Des arguments que le camp Biro rejette catégoriquement, qualifiant ces explications de « contrevérités ».

Prenant la parole devant la presse, Barry Boubacar Biro Barry a regretté l’impasse actuelle, tout en accusant Alpha Amadou Baldé de refuser d’adhérer au processus de normalisation recommandé par les instances internationales.

« Aujourd’hui, une procédure de normalisation est en cours sous l’impulsion des instances internationales. Le ministère des Sports ainsi que le Comité national olympique ont été informés. Malheureusement, monsieur Alpha Amadou Baldé refuse de reconnaître ces instances », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général élu affirme également que son équipe a multiplié les démarches auprès des autorités sportives guinéennes depuis près de deux ans afin d’attirer leur attention sur la crise qui mine la fédération.

« Pendant deux ans, nous avons saisi le ministère et le Comité olympique sur cette situation. Mais nous n’avons obtenu aucune solution concrète. C’est pourquoi nous avons décidé de nous tourner vers les instances internationales », a-t-il expliqué.

Poursuivant son intervention, Barry Biro estime que la position actuelle d’Alpha Amadou Baldé manque de cohérence, rappelant que ce dernier avait auparavant participé aux activités des nouvelles instances dirigeantes de la boxe mondiale et africaine.

« Monsieur Baldé a pris part à leurs congrès et assemblées générales. Je ne comprends donc pas pourquoi il affirme aujourd’hui qu’il ne les reconnaît plus. Il les reconnaissait pourtant avant sa suspension », a soutenu le secrétaire général élu.

Concernant une éventuelle sortie de crise, le camp Biro appelle les autorités sportives guinéennes à faire appliquer les textes et règlements afin de rétablir la stabilité au sein de la Fédération guinéenne de boxe.

« La Guinée dispose de textes clairs. Le ministère a les moyens juridiques nécessaires pour résoudre cette crise. Il faut simplement appliquer les lois en vigueur », a recommandé Barry Boubacar Biro Barry.

Malgré les tensions persistantes entre les deux camps, les proches de Barry Biro affirment rester ouverts au dialogue avec le ministère des Sports et les différentes parties concernées, dans l’espoir de parvenir à une solution durable pour l’avenir de la boxe guinéenne, assortie de l’organisation d’un congrès électif en vue de mettre en place un bureau fédéral crédible et consensuel.

Ibrahima Limbita Camara