Le gouvernement guinéen a officiellement donné, ce vendredi 24 avril 2026, le coup d’envoi du projet Kounki, une initiative d’envergure destinée à moderniser le secteur de la pêche et de l’aquaculture, tout en renforçant la résilience des communautés face aux défis climatiques. Porté par des partenaires internationaux, ce programme ambitieux ambitionne de transformer durablement l’économie bleue en Guinée.

Sous l’autorité du Premier ministre Amadou Oury Bah, le gouvernement guinéen a procédé au lancement officiel du projet Kounki. La cérémonie, organisée dans un établissement hôtelier de Conakry, a mobilisé plusieurs membres de l’exécutif ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Issu d’un partenariat entre l’État guinéen, la Banque mondiale et l’Agence Française de Développement, ce programme est doté d’un financement global dépassant les 120 millions de dollars. Il vise à améliorer la résilience face aux effets du changement climatique tout en modernisant les chaînes de valeur dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture au profit des communautés ciblées.

Le projet s’articule autour de deux axes principaux : la promotion d’une gestion durable des ressources assortie d’un renforcement de la résilience des communautés, et le développement des chaînes de valeur. Le premier volet prévoit l’introduction d’outils innovants pour une exploitation responsable des ressources naturelles, tout en aidant les populations à mieux faire face aux contraintes environnementales.

Le second axe met l’accent sur la modernisation de la pêche artisanale et le développement de l’aquaculture. Il inclut notamment la réalisation d’infrastructures structurantes destinées à accroître la production nationale, tant en quantité qu’en qualité.

À travers cette initiative, les autorités ambitionnent de faire du projet Kounki un véritable moteur de croissance locale, capable de stabiliser et d’augmenter les revenus des acteurs du secteur.

Prenant la parole, le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Fassou Théa, a souligné que ce programme s’inscrit dans une vision stratégique impulsée au plus haut sommet de l’État. « Sous le leadership du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, la Guinée s’oriente résolument vers la refondation, la souveraineté et une exploitation intelligente de ses ressources », a-t-il affirmé, rappelant que cette dynamique s’intègre dans la vision globale Simandou 2040.

Il a par ailleurs insisté sur le rôle désormais central du secteur halieutique, qu’il considère comme un levier essentiel de croissance économique, de création d’emplois et de sécurité alimentaire. Le ministre a également salué la collaboration entre la Présidence, le Gouvernement et le Conseil National de la Transition pour le renforcement du cadre juridique du projet.

Selon lui, la Guinée dispose d’importants atouts naturels, notamment un littoral de plus de 300 kilomètres et un vaste réseau hydrographique. Aujourd’hui, le secteur de la pêche représente environ 4,5 % du produit intérieur brut et constitue une source de revenus pour près de 7,5 % de la population, soit environ 300 000 emplois directs.

Malgré ce potentiel, des défis persistants, notamment d’ordre structurel et environnemental, freinent encore son plein développement. Le projet Kounki entend ainsi apporter une réponse globale en intégrant les dimensions environnementales, économiques et sociales, notamment à travers la formation, l’aménagement du territoire et la création d’emplois.

Le financement, soutenu notamment par le fonds Pro-Bleu de la Banque mondiale, permettra de moderniser les chaînes de valeur, de renforcer la compétitivité du secteur, de générer des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes, tout en garantissant la protection des écosystèmes marins et des ressources halieutiques.

« Kounki a vocation à positionner durablement la Guinée comme un acteur majeur de l’économie bleue en Afrique de l’Ouest », a conclu le ministre.

La cérémonie s’est achevée par la signature officielle de la convention liant l’État guinéen à ses partenaires financiers.

Ibrahima Limbita Camara