L’Observatoire national autonome de supervision du référendum constitutionnel (ONASUR) a organisé, ce mercredi 6 mai 2026 à Conakry, une conférence de presse à son siège de Dixinn, placée sous le thème : « Processus électoral apaisé et participation citoyenne ».

À cette occasion, le président de l’institution, Dr Sékou Koureissy Condé, a lancé un appel aux acteurs politiques guinéens, en particulier aux candidats engagés dans les élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026 prochain.

Insistant sur leur responsabilité dans la préservation de la paix sociale, il a rappelé que les précédentes échéances électorales s’étaient déroulées dans un climat relativement apaisé. « Les deux précédentes élections se sont déroulées dans le calme et la quiétude sociale. Nous souhaitons vivement que le comportement électoral lors des prochaines échéances suive et dépasse ce que nous avons vécu en 2025 », a-t-il déclaré.

Le président de l’ONASUR a également mis en garde contre toute dérive sur le terrain politique, appelant les candidats à adopter une attitude responsable. « Les candidats doivent comprendre qu’ils ne vont ni à la chasse, ni à la bagarre, encore moins pour créer des incidents. Ils évoluent dans un environnement électoral apaisé », a-t-il martelé.

Au-delà du scrutin à venir, Dr Condé a estimé que ces élections représentent une opportunité de renforcer la culture démocratique en Guinée. « Les résultats de ces élections permettront à la Guinée d’affirmer une nouvelle culture électorale. Les élèves et les universités en feront un objet d’étude », a-t-il indiqué.

Rappelant les fondements de la démocratie, il a souligné qu’elle repose sur le suffrage universel, les libertés publiques et l’État de droit, où nul n’est au-dessus de la loi. « Lorsque ces principes sont réunis et acceptés, le développement et la prospérité deviennent nécessaires », a-t-il ajouté.

Le président de l’ONASUR a par ailleurs insisté sur la neutralité des institutions impliquées dans le processus électoral, notamment la Direction générale des élections (DGE). « Il n’y a aucun intérêt personnel en jeu. Nous sommes à l’écoute de tous et n’excluons personne », a-t-il affirmé, rappelant l’existence de mécanismes de recours visant à garantir l’équité et la transparence.

Évoquant le retrait du FRONDEG, Dr Condé a appelé au dialogue et à la responsabilité politique : « Ni la Cour suprême, ni la DGE ne les ont exclus. C’est un choix volontaire. Je leur dis : revenez, ne vous auto-excluez pas », a-t-il lancé, tout en reconnaissant le contexte émotionnel de cette décision.

Dans cette dynamique, il a mis en avant les mécanismes institutionnels de régulation du processus électoral. « Il existe un organe de gestion des élections, mais aussi un organe de contrôle de la régularité, de la conformité et de la transparence », a-t-il précisé, positionnant l’ONASUR comme un relais entre les acteurs politiques et les institutions « Nous sommes vos avocats, nous portons votre voix auprès des autorités compétentes. »

Regrettant certaines décisions unilatérales, il a invité les acteurs politiques à privilégier les voies institutionnelles. « Pourquoi ne pas passer par les canaux institutionnels avant d’annoncer un retrait ? », a-t-il interrogé, dans un esprit d’apaisement et de dialogue.

En conclusion, Dr Sékou Koureissy Condé a réitéré son appel au retour du FRONDEG dans le processus électoral. « Le jeu démocratique n’est pas éliminatoire. Il repose sur des critères objectifs liés aux dossiers, et non aux personnes », a-t-il insisté, avant d’inviter l’ensemble des acteurs à préserver les acquis démocratiques : « Ne combattez pas cet élan électoral. Protégeons cette nouvelle culture électorale guinéenne. La porte reste ouverte. »

L’ONASUR a ainsi réaffirmé son engagement en faveur d’un processus électoral apaisé, inclusif et transparent, misant sur le dialogue comme levier essentiel pour surmonter les tensions politiques.

Ibrahima Limbita Camara