Malgré une mobilisation financière exceptionnelle en faveur du système bancaire, la pénurie de liquidités persiste en Guinée. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement appelle à la responsabilité des acteurs économiques, tout en poursuivant ses réformes visant à assainir le paysage politique.
Ce vendredi 27 mars 2026 à Conakry, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, accompagné de son adjointe Djami Diallo, a tenu une conférence pour détailler les efforts financiers consentis par l’État afin de soutenir les banques et relancer la circulation monétaire.
Chiffres à l’appui, il a indiqué qu’entre janvier et mars 2026, près de 900 à 1 000 milliards de francs guinéens ont été injectés dans le circuit bancaire, contre seulement 66 milliards sur la même période en 2025. Un effort qualifié de « considérable », destiné à favoriser un retour à une circulation normale de la monnaie.
Cependant, malgré cette intervention massive, la situation reste préoccupante. Le ministre pointe notamment un phénomène de thésaurisation, accusé de freiner la fluidité des échanges. « Que l’argent qui est quelque part… sorte pour circuler », a-t-il insisté, appelant les opérateurs économiques et les citoyens à réinjecter leurs ressources dans le système bancaire.
Dans cette dynamique, les autorités affirment maintenir une concertation étroite avec les acteurs du secteur financier afin d’améliorer l’accès aux liquidités pour les populations, conformément aux orientations du Chef de l’État.

Par ailleurs, cette conférence a également été mise à profit par la ministre Djami Diallo pour apporter des précisions sur la récente dissolution de 43 partis politiques.
Elle a expliqué que cette décision s’inscrit dans un processus administratif visant à assainir le paysage politique et à mettre les formations en conformité avec les exigences légales. Selon elle, il ne s’agit ni d’une sanction arbitraire ni d’une volonté d’exclusion, mais d’une démarche équitable appliquée à tous les partis selon les mêmes critères.
La ministre a toutefois tenu à rassurer : les formations concernées disposent de la possibilité de se réorganiser et de se conformer à la législation en vigueur. « La dissolution n’est pas une fin en soi », a-t-elle souligné, invitant les acteurs politiques à régulariser leur situation dans les meilleurs délais.
Entre tensions économiques persistantes et réformes politiques en cours, le gouvernement affiche ainsi sa volonté de reprendre la main sur des enjeux majeurs pour la stabilité du pays.
Ibrahima Limbita Camara




