L’enquête sur l’enlèvement d’un nourrisson au Centre Médical Communal (CMC) de Ratoma, le 1er octobre 2025, vient de connaître un tournant majeur. La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a présenté ce mardi 21 octobre Haby Diallo, 43 ans, désignée comme la principale suspecte dans cette affaire qui a profondément ému l’opinion publique.

Gestionnaire à la Direction Générale des Impôts, mariée et mère d’un garçon, Haby Diallo aurait orchestré l’enlèvement avec la complicité de trois sages-femmes exerçant au sein du CMC. Toutes ont été déférées devant le Tribunal de Première Instance de Dixinn pour être poursuivies conformément à la loi.

Le 1er octobre, un nourrisson né par césarienne avait mystérieusement disparu du service maternité du CMC de Ratoma. L’affaire avait immédiatement déclenché une vaste enquête ordonnée par le Directeur Général de la Police Nationale.
Grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance, les enquêteurs ont pu établir un portrait-robot précis de la suspecte. Quelques jours plus tard, une source anonyme a signalé un baptême suspect organisé à Kiroty, près du Stade Général Lansana Conté.

Selon les témoignages, la femme célébrant la cérémonie n’avait jamais été vue enceinte. La comparaison entre les photos publiées sur les réseaux sociaux et le portrait-robot a permis d’identifier formellement Haby Diallo comme la voleuse présumée.

Interpellée le 17 octobre à son domicile de Kiroty, la suspecte a prétendu avoir accouché à l’hôpital Flamboyant de Petit Simbaya. Mais les registres de l’établissement n’en portent aucune trace.
Les investigations ont ensuite révélé la complicité de trois sages-femmes, dont Kadiatou Bangoura, qui aurait établi une fausse déclaration de naissance pour permettre l’obtention d’un extrait de naissance officiel. Les trois femmes, arrêtées à leur tour, ont reconnu leur implication.

Haby Diallo et ses complices ont été présentées ce mardi au Tribunal de Dixinn. Elles seront poursuivies pour enlèvement d’enfant, conformément à l’article 303 du Code pénal guinéen.
Le bébé, quant à lui, a été retrouvé sain et sauf, mettant fin à trois semaines d’angoisse pour sa famille.

Quelques jours avant cette arrestation, une autre femme, Nessaba Diakhaby, avait été arrêtée à Kissosso pour un cas similaire. Elle avait simulé une grossesse afin de tromper son mari vivant à l’étranger avant d’enlever un nouveau-né. Elle a, elle aussi, été déférée devant le tribunal de Mafanco.

Dans un communiqué, la Direction Générale de la Police Nationale, par la voix de Rama Diallo, a salué le professionnalisme des enquêteurs et réaffirmé son engagement à protéger les enfants contre toutes les formes de criminalité.
Elle rappelle que le numéro vert 117 reste disponible gratuitement 24h/24 et 7j/7 pour signaler tout acte suspect.