Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé ce mardi 14 octobre devant l’Assemblée nationale la suspension de la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. Cette réforme, qui devait porter sur l’âge de départ à la retraite et la durée de cotisation, est mise en pause, marquant un tournant pour son gouvernement nommé il y a moins de 48 heures, et confronté à plusieurs motions de censure de l’opposition.
« J’ai renoncé à utiliser l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Cela garantit à l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire, mais pas seulement, se déroulera pleinement jusqu’au vote », a déclaré Sébastien Lecornu. Selon lui, cette décision constitue une véritable rupture dans la manière de gouverner : « Le Parlement aura le dernier mot, c’est sa responsabilité. Cela paraît de bon sens, mais c’est presque une révolution. »
Le Premier ministre a insisté sur le partage du pouvoir avec le Parlement : « Quel parlementaire dira à ses concitoyens qu’il ne veut pas discuter le budget de l’État ou le budget social de la nation ? En renonçant au 49.3, il n’y a plus de prétexte pour une censure préalable. »
En parallèle, Sébastien Lecornu a annoncé un acte de décentralisation et la tenue prochaine d’une conférence sur les retraites et le rôle des partenaires sociaux. Il a également précisé que la suspension de la réforme des retraites engendrera un coût estimé à 400 millions d’euros en 2026 et 1,8 milliard d’euros en 2027.
Cette décision marque donc une rupture claire dans la manière de conduire le gouvernement et dans la relation entre l’exécutif et le Parlement, tout en offrant un signal fort au Parti socialiste et aux partenaires sociaux.




