Les tensions entre Washington et Caracas atteignent un nouveau niveau. Selon une révélation du New York Times datée du 15 octobre, le président américain Donald Trump a autorisé la CIA à mener des opérations létales et clandestines au Venezuela. Une décision qui accentue la confrontation entre les deux pays. Caracas a aussitôt protesté et lancé un appel « à la paix ».
Face aux journalistes dans le Bureau ovale, Donald Trump a confirmé l’information, tout en restant flou sur la nature exacte de ces opérations, rapporte notre correspondant à Washington, Vincent Souriau.
Interrogé sur la possibilité d’un assassinat ciblé contre son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, le dirigeant américain s’est refusé à tout commentaire : « Ce serait absurde de répondre à une telle question. Mais le Venezuela sait que la situation devient sérieuse, comme beaucoup d’autres pays. »
Sans lien direct avec cette autorisation, Donald Trump a relancé ses accusations contre le gouvernement de Caracas, affirmant sans preuves que des criminels et des patients psychiatriques avaient été envoyés aux États-Unis « Ils ont vidé leurs prisons sur notre territoire. Des milliers de prisonniers et de malades mentaux ont traversé la frontière ouverte à tous. Mais nous allons les renvoyer », a-t-il déclaré.
Selon des sources militaires, au moins huit navires de guerre et un sous-marin américains patrouillent actuellement dans les Caraïbes, soutenus par quelque 10 000 soldats déployés dans la région.
À Caracas, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le président Nicolas Maduro a dénoncé une escalade dangereuse et averti du risque d’un conflit armé dans les Caraïbes. Il a également réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
Lors d’une allocution publique, rapportée par notre correspondante Alice Campaignolle, le dirigeant vénézuélien a lancé un message direct à Donald Trump :
« Non aux coups d’État fomentés par la CIA », avant d’ajouter en anglais : « Listen to me, not war, just peace » (« Écoutez-moi : pas la guerre, seulement la paix. »)
Washington accuse depuis plusieurs années Nicolas Maduro d’être impliqué dans le narcotrafic, à la tête du supposé Cartel de los Soles. Les États-Unis ont même offert une récompense de 50 millions de dollars pour sa capture.
Depuis le déploiement américain au large des côtes vénézuéliennes, le gouvernement de Caracas alterne entre appels à la paix et préparatifs militaires. Sur fond de crise politique et économique persistante, la tension continue de monter dans la région.
Avec AFP




