La Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné, ce lundi 15 juin 2026, la remise en liberté provisoire de Mandjan Sidibé, ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP). Cette décision met fin à près de deux ans de détention préventive pour l’ex-dirigeant de l’établissement public.
Selon la juridiction, cette mesure est justifiée par la détérioration de l’état de santé du prévenu, dont la prise en charge médicale nécessiterait des soins adaptés en dehors du milieu carcéral.
Malgré cette remise en liberté, Mandjan Sidibé demeure poursuivi dans une affaire portant sur plusieurs infractions présumées, notamment le détournement de deniers publics, l’abus de fonction, la corruption, l’atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, l’octroi d’avantages injustifiés à travers l’usage illicite de biens publics, la concussion et la complicité.
Les faits qui lui sont reprochés porteraient sur un montant estimé à 78 milliards de francs guinéens, soit environ 8,9 millions de dollars américains. Ce dossier figure parmi les affaires les plus médiatisées traitées par la CRIEF ces dernières années.
Lors de l’audience, le juge a autorisé l’ancien directeur général de l’OGP à regagner son domicile afin de poursuivre son traitement médical, tout en précisant que cette décision ne remet pas en cause les poursuites engagées contre lui.
La procédure judiciaire se poursuit normalement. L’affaire a été renvoyée au 20 juillet 2026, date à laquelle s’ouvriront les débats au fond. Cette étape sera déterminante pour l’examen des accusations formulées contre l’ancien responsable ainsi que des éléments de preuve versés au dossier.
Cette décision suscite déjà de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et parmi les observateurs du système judiciaire guinéen. Certains s’interrogent notamment sur une éventuelle différence de traitement avec d’autres personnalités poursuivies devant la CRIEF, notamment l’ancien Premier ministre Dr Ibrahima Kassory Fofana, dont l’état de santé a également été signalé à plusieurs reprises et qui reste placé sous surveillance médicale à la Clinique Pasteur.
La question de l’égalité de traitement des justiciables devant les juridictions spécialisées revient ainsi au cœur du débat. Plusieurs observateurs cherchent à comprendre les critères ayant motivé l’octroi de cette liberté provisoire à Mandjan Sidibé alors que d’autres prévenus invoquant des raisons de santé n’ont pas encore bénéficié d’une mesure similaire.
Moh Touré




