Le ministère de l’Industrie et du Commerce a officiellement lancé, ce lundi 20 juillet 2026 à Conakry, une campagne nationale de sensibilisation sur les nouvelles procédures d’inspection, de quarantaine et de dédouanement des marchandises. Menée en collaboration avec le Bureau national d’inspection et de quarantaine (BNIQ) et la Direction générale des Douanes, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet SCALE et vise à renforcer la sécurité sanitaire des produits, à faciliter les échanges commerciaux et à améliorer la compétitivité des entreprises guinéennes.

La cérémonie de lancement, organisée dans les locaux du ministère de l’Industrie et du Commerce, a réuni les principaux acteurs impliqués dans la réforme, notamment les services techniques de l’État, les opérateurs économiques, les organisations de consommateurs et les représentants du secteur privé.

Présidant la rencontre au nom de la ministre de l’Industrie et du Commerce, le secrétaire général du département, Bamba Oliano, a souligné que cette réforme participe à la modernisation de l’administration économique et répond aux exigences d’un commerce de plus en plus ouvert.

« L’ouverture de notre économie favorise les échanges et donne accès à de nouvelles opportunités. Elle exige dans le même temps une attention constante à la qualité et à la conformité des marchandises qui entrent sur le territoire national », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette campagne permettra aux importateurs, exportateurs et transporteurs de mieux s’approprier les nouvelles dispositions afin de limiter les incompréhensions et les retards dans les opérations commerciales.

« La protection des consommateurs et la facilitation du commerce régulier ne s’opposent pas. Elles reposent toutes deux sur des règles compréhensibles, des contrôles cohérents et une administration capable d’orienter correctement les usagers », a-t-il ajouté.

De son côté, le coordinateur du projet SCALE, Ousmane Madani Diallo, a insisté sur la complémentarité entre les missions de la Direction générale des Douanes et celles du Bureau national d’inspection et de quarantaine.

« La douane sécurise la valeur. Le Bureau national d’inspection et de quarantaine sécurise la santé. Sans l’une, l’autre ne tient pas », a-t-il affirmé.

Il a rappelé que les opérations d’inspection et de quarantaine vont bien au-delà d’une simple formalité administrative.

« Ce n’est pas de la paperasse. C’est vérifier que le poulet importé ne contient pas de maladies, certifier que la mangue guinéenne peut entrer sans problème en Europe et bloquer les médicaments ou les engrais non conformes avant qu’ils n’arrivent sur nos marchés », a-t-il expliqué.

Le coordinateur du projet a également mis en garde contre les conséquences économiques des non-conformités sanitaires à l’exportation.

« Un produit refusé à l’exportation pour des raisons sanitaires représente une perte sèche pour l’exportateur, une mauvaise image pour la Guinée et des emplois détruits. »

Pour améliorer la fluidité des procédures, il a annoncé plusieurs mesures, notamment la création d’entrepôts de quarantaine hors des ports dans un délai de douze mois, un traitement des dossiers des produits périssables en moins de 48 heures et le déploiement d’une vaste campagne de sensibilisation dans les huit régions administratives du pays.

Le représentant de la Direction générale des Douanes a, pour sa part, réaffirmé la volonté de l’administration douanière de concilier efficacité des contrôles et facilitation des échanges.

« Cette campagne constitue une opportunité importante pour renforcer la compréhension des procédures par les opérateurs économiques. Une meilleure information favorise des dossiers complets, réduit les erreurs et contribue à des opérations plus fluides », a-t-il indiqué.

Les organisations de consommateurs ont salué cette réforme. Le vice-président de l’Union des consommateurs de Guinée a qualifié la création du Bureau national d’inspection et de quarantaine d’avancée majeure pour la protection des citoyens.

« Pour moi, la mise en place de ce bureau, c’est un bijou, c’est une garantie, c’est une satisfaction à la fois pour les consommateurs mais aussi pour les acteurs qui évoluent dans cet écosystème », a-t-il déclaré.

Même son de cloche du côté de la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI), qui a exprimé son soutien à cette réforme tout en plaidant pour une mise en œuvre concertée.

« Le succès de cette réforme dépendra notamment d’une information complète des opérateurs économiques, d’une digitalisation et d’une simplification des procédures administratives, ainsi que du respect des délais d’inspection », a estimé l’organisation patronale.

La CGE-GUI a également insisté sur la nécessité d’éviter les duplications de contrôles susceptibles de ralentir les opérations de dédouanement et a encouragé les entreprises à renforcer la conformité ainsi que la traçabilité de leurs produits.

À travers cette campagne nationale, qui sera diffusée à travers les médias en français, en langues nationales et par d’autres outils de communication de masse, les autorités ambitionnent d’améliorer la compréhension des nouvelles procédures, de garantir la conformité sanitaire des produits, de renforcer la protection des consommateurs et d’accroître la compétitivité des entreprises guinéennes sur les marchés régionaux et internationaux.

Ibrahima Limbita Camara