À l’occasion du sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu à Freetown ce dimanche 19 juillet 2026, en Sierra Leone, le président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, a appelé à une refondation de l’organisation régionale autour des principes de dialogue, de solidarité et d’intégration au service des populations.

Dans son intervention, le chef de l’État guinéen a rappelé les idéaux qui ont présidé à la création de la CEDEAO en 1975. Citant l’ancien président togolais Gnassingbé Eyadéma, selon lequel « l’intégration africaine est la seule voie pour le développement et pour éviter les guerres entre nous », il a estimé que cette vision demeure plus que jamais d’actualité face aux défis sécuritaires, économiques et politiques auxquels la sous-région est confrontée.

Pour Mamadi Doumbouya, l’unité des États ouest-africains constitue une condition essentielle pour garantir la stabilité et le développement de la région. « Notre survie et notre prospérité dépendent de notre capacité à rester ensemble, unis, car la division n’arrange que celui qui divise. Il n’y a donc pas de place pour la division », a-t-il déclaré, invitant les États membres à renforcer la cohésion et la confiance mutuelle.

Le président guinéen a également abordé la question des sanctions imposées lors des crises politiques. Tout en reconnaissant leur portée politique, il a estimé qu’elles affectent en priorité les populations.

« Les sanctions frappent d’abord les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elles privent les hôpitaux de médicaments essentiels, vident les marchés des denrées indispensables, alimentent les trafics en tous genres et pénalisent avant tout les fils et filles de notre terre », a-t-il affirmé. Selon lui, ces mesures devraient rester un ultime recours et non constituer le principal instrument de règlement des différends.

Poursuivant son plaidoyer, le Général Mamadi Doumbouya a appelé la CEDEAO à renouer avec la vision de ses pères fondateurs, fondée sur la libre circulation des personnes, des biens et des idées, la prospérité partagée ainsi qu’une coopération renforcée entre les États membres.

Le chef de l’État a, en outre, proposé une réforme de la gouvernance de l’organisation afin de la rendre plus inclusive et davantage en phase avec les attentes des citoyens. Il a plaidé pour une plus grande implication de la jeunesse, du secteur privé, de la société civile et des populations dans les grandes orientations de la CEDEAO, estimant que l’avenir de l’intégration régionale ne peut être construit uniquement au niveau des institutions.

À travers cette intervention à Freetown, Mamadi Doumbouya a réaffirmé l’engagement de la Guinée en faveur d’une CEDEAO plus forte, fondée sur le dialogue, la concertation et la solidarité. Une position qui intervient dans un contexte marqué par d’importants défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels l’Afrique de l’Ouest est appelée à faire face.

Moh Touré