À quelques semaines d’échéances électorales majeures en Guinée, la justice poursuit l’examen de dossiers sensibles. Ce mercredi 29 Avril 2026, l’ancien dirigeant de la délégation spéciale de Matam, Badra Koné, a comparu devant la CRIEF aux côtés de plusieurs autres prévenus, dans une affaire mêlant soupçons de détournement massif et de malversations financières.
Devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Badra Koné et sept autres personnes ont été appelés à répondre de faits jugés graves. Le parquet leur reproche une série d’infractions présumées, allant du détournement de fonds publics à la corruption, en passant par la falsification de documents officiels, l’escroquerie, ainsi que des pratiques liées au blanchiment d’argent et à l’enrichissement illicite.
Dès le début de l’audience, les juges ont interrogé les accusés sur leur accord pour être jugés sans délai dans le cadre d’une procédure de flagrance. L’ensemble des mis en cause a donné son consentement.
Lors de son passage à la barre, l’ancien responsable de Matam a été invité à s’expliquer sur les accusations portées contre lui. Selon les éléments présentés par l’accusation, il aurait, sur une période allant de 2021 à 2026, détourné une somme estimée à 240 milliards de francs guinéens. Il est également soupçonné d’avoir tiré profit de sa fonction, manipulé des documents administratifs et favorisé une société privée, B&B BTP SARL, dans l’attribution de marchés publics.
Face à ces allégations, Badra Koné a opposé un démenti total, rejetant en bloc toutes les charges retenues contre lui.
Alors qu’il s’apprêtait à livrer sa version des faits, ses avocats ont interrompu la procédure. Me Facinet Sylla a soulevé une objection en invoquant les dispositions de l’article 66 du code électoral, qui, selon lui, protège les candidats contre toute poursuite judiciaire en période électorale.
Malgré cet argument, la juridiction a décidé de ne pas accéder à la demande de remise en liberté formulée par la défense.
Cette affaire judiciaire intervient dans un climat politique tendu, marqué par l’approche du double scrutin prévu en Guinée, ce qui lui confère une dimension particulière.
Moh Touré




