Le Projet d’appui à l’Agence nationale de financement des collectivités locales (PANAFIC) arrive à une étape consacrée à l’évaluation de ses acquis et à la réflexion sur leur pérennisation.
Le gouvernement guinéen, l’ANAFIC et l’Agence française de développement (AFD) ont réuni les différentes parties prenantes,ce mardi 22 Septembre 2026 à Conakry pour analyser les résultats du projet, mesurer les changements enregistrés dans les collectivités et identifier les principaux défis encore à relever.
Au cœur des échanges, la question de la capacité des collectivités à mieux planifier, financer et gérer leurs projets de développement local. Pour le directeur général de l’ANAFIC, Sékou M’Mawa Touré, le PANAFIC constitue un levier destiné à rapprocher davantage les services publics des citoyens, en renforçant les compétences des collectivités et les mécanismes de financement à leur disposition.
La rencontre devait ainsi permettre d’aller au-delà d’un simple exercice comptable. Les responsables du projet ont notamment cherché à distinguer les initiatives ayant produit des résultats, à comprendre les difficultés qui ont limité certaines interventions et à identifier les enseignements susceptibles d’être réutilisés dans les prochains programmes.
Cette démarche intervient alors que la Guinée entend accélérer son développement dans le cadre de Simandou 2040. Dans cette perspective, Sékou M’Mawa Touré souligne l’importance de disposer de collectivités suffisamment structurées pour planifier leurs investissements et accompagner les transformations économiques et sociales attendues dans les différentes régions du pays.
L’expérience présentée lors de l’atelier s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs décennies. Selon Moussa Doumbouya, représentant de l’AFD, le dispositif d’accompagnement des collectivités qui a progressivement conduit à la création de l’ANAFIC trouve son origine dans les politiques de décentralisation engagées dans les années 1990.
Après plusieurs années d’intervention sous forme de projet, l’État guinéen a entrepris, entre 2017 et 2019, d’institutionnaliser le mécanisme. L’ANAFIC a ainsi été créée pour accompagner les communes et faciliter la mobilisation et l’acheminement des ressources destinées au développement local.
Pour l’AFD, le PANAFIC a notamment permis de renforcer les capacités de l’agence et des collectivités dans plusieurs domaines, allant de la planification à l’exécution et au suivi des investissements. L’élaboration des plans de développement local et des programmes annuels d’investissement figure également parmi les acquis mis en avant, tout comme la prise en compte progressive des enjeux climatiques dans les projets locaux.
Sur le terrain, les résultats présentés font état de nombreuses réalisations. Présidant la cérémonie, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a indiqué que les 10 millions d’euros engagés dans le cadre du PANAFIC avaient été entièrement consommés et que la majorité des objectifs prévus avaient été atteints.
Plus de cinq millions de personnes auraient bénéficié, directement ou indirectement, des interventions du projet. Une centaine de microprojets ont notamment été réalisés dans plusieurs localités, avec des infrastructures scolaires et sanitaires, des points d’eau, ainsi que des équipements destinés à améliorer les conditions de vie des populations.
Des initiatives économiques ont également été soutenues, notamment au profit de groupements féminins engagés dans la fabrication de savon. Le projet a par ailleurs accompagné des actions de protection des forêts et des têtes de source.
L’appui ne s’est pas limité aux infrastructures. Des collectivités ont reçu du matériel informatique pour améliorer leur administration, leur gestion financière et la présentation de leurs comptes. À Conakry, trois communes ont également engagé une initiative commune pour répondre aux difficultés liées à la salubrité publique.
Mais au-delà de ces réalisations, les responsables guinéens ont reconnu que plusieurs obstacles demeurent. La participation encore limitée des femmes dans les instances de décision, la faiblesse du recouvrement des recettes propres des collectivités et les difficultés persistantes au niveau de la chaîne comptable communale figurent parmi les principaux points de préoccupation.
Pour la ministre Djenabou Touré, ces insuffisances doivent précisément faire partie des enseignements tirés du projet. L’objectif de la capitalisation consiste donc à conserver les acquis, mais également à comprendre les limites du dispositif afin d’éviter leur reproduction dans les futurs programmes.
La ministre a ainsi insisté sur la nécessité de sécuriser et d’alimenter régulièrement les budgets d’affectation spéciale du Fonds national de développement local (FNDL) et du Fonds de développement économique local (FODEL). Elle a également appelé à accélérer la digitalisation de la comptabilité des collectivités, à renforcer le statut des receveurs communaux et à rendre effective la fonction publique locale.
La prochaine étape sera donc celle de la consolidation. Pour les différents acteurs réunis autour du PANAFIC, la réussite du dispositif ne dépendra plus seulement des financements mobilisés, mais aussi de la capacité de l’État, des collectivités, des élus, de l’administration et des partenaires à maintenir les outils et les pratiques qui ont fait leurs preuves.
L’atelier s’est poursuivi par des présentations sur les différentes composantes du projet, son niveau d’exécution et les investissements réalisés, avant des échanges consacrés aux résultats, aux insuffisances constatées et aux perspectives du financement du développement local en Guinée. Des kits informatiques, des terminaux de paiement électronique et des motos ont également été remis dans le cadre de l’accompagnement des collectivités.




